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Le 10 septembre 2015
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Manifeste

MANIFESTE POUR UNE APPROCHE PSYCHOPATHOLOGIQUE DU FONCTIONNEMENT MENTAL

L’Association Européenne de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (AEPEA) est née du souci de promouvoir un modèle de compréhension psychopathologique, tant dans notre pratique clinique, thérapeutique auprès des enfants que dans nos recherches théoriques. Ce modèle est, pour nous, porteur d'ouverture même s’il affirme avec force certains principes que nous nous proposons de rappeler ici.

  • La psychopathologie prend avant tout pour objet d’étude le système des représentations internes de l’enfant, ses modalités de fonctionnement, leur logique, leurs enchaînements et leurs significations. Elle postule ainsi que tout enfant, quelle que soit la gravité de sa pathologie, est porteur d’une vie psychique propre et que sa maladie se situe à l’intérieur d’un système possédant sa cohérence interne propre et qui organise les modalités relationnelles de l’enfant.
  • La psychopathologie affirme l’existence d’une double continuité de la vie mentale :
    • Continuité au sein de la vie psychique du sujet, entre le normal et le pathologique. Ce que Freud avait perçu et explicité dans « Psychopathologie de la vie quotidienne » en 1901.
    • Continuité temporelle qui souligne le lien existant entre d'une part, certains modes archaïques de relation ou de fonctionnement mental ou certains vécus précoces et, d'autre part, l’organisation mentale actuelle de l’enfant. Aussi la psychopathologie met l’accent sur le poids de l’histoire individuelle, sur celui des contraintes du passé et de l’héritage transgénérationnel dans la genèse des troubles psychiques.
  • La psychopathologie est aussi l’étude du lien interpsychique qui s’établit entre l’enfant et ses parents : nature des projections, des investissements, des scénarios fantasmatiques partagés entre eux. Si la psychopathologie n’est jamais causaliste, elle n’en accorde pas moins un rôle dans le cours évolutif de l’affection à ce qui se joue entre parents et enfants par la voie de ce lien.
  • La psychopathologie replace l’enfant dans son contexte socio-éducatif. Elle prend en considération les multiples formes de carences du milieu social ou le poids des évènements qui jalonnent la vie de l’enfant. Elle accorde cependant moins d’importance au caractère traumatique de l’évènement qu’à l’impact que revêt la signification de l’évènement dans le psychisme de l’enfant, ainsi qu’à la manière dont celui-ci se réorganise au décours de ce vécu.
  • La psychopathologie est avant tout sensible à l'analyse du fonctionnement psychique et à la prise en compte de celui-ci dans les stratégies thérapeutiques. L'utilisation de médicaments psychotropes chez l'enfant et l'adolescent doit s'inscrire dans cette vision globale. C'est dans cette perspective que la psychopathologie aidera à mieux comprendre l'impact des psychotropes sur les processus psychiques.
  • La psychopathologie n’est pas unifiable, ni sur le plan de la méthode, ni sur le plan épistémologique. Elle ne propose pas un modèle univoque de référence, même si le modèle psychanalytique constitue une référence essentielle. Dans sa diversité, la psychopathologie doit rester à l’abri des risques du dogmatisme et d’enfermement dans des théories figées qui viendraient invalider son action.
  • La démarche psychopathologique ne néglige pas les autres aspects des connaissances psychiatriques. Elle ne sous-estime pas l’intérêt des modèles issus des découvertes en neurosciences, en neuropsychologie cognitive ou en génétique. Pas plus elle ne méconnaît l’intérêt du découpage nosographique, même si elle même se situe plutôt dans une perspective transnosographique qui l’amène a délimiter ses champs propres d’investigation et ses objets de connaissance.
  • La psychopathologie est aussi une pratique. Les modèles théoriques qu’elle offre prennent appui sur cette pratique en même temps qu'ils la nourrissent.
  • La psychopathologie permet à chacun de se constituer une représentation personnelle, non réductrice, de l’enfant, de ses inquiétudes, de ses attentes et de ses possibilités d’accueillir les apports thérapeutiques.
  • La psychopathologie est un outil théorique et pratique vivant, dynamique et ouvert aux apports extérieurs permettant d’appréhender le fonctionnement mental dans sa complexité et sa diversité.

Pierre Ferrari, ancien président de l’AEPEA

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